Qui a le droit de pratiquer l'épilation laser en France ?
Mis à jour le 5 août 2026
Le cadre juridique de l’épilation laser en France a changé en profondeur en 2024. Les informations encore en circulation sur beaucoup de sites — « seul un médecin peut pratiquer l’épilation laser » — sont périmées.
L’ancien régime : le monopole médical de 1962
Un arrêté du 6 janvier 1962 classait parmi les actes réservés aux docteurs en médecine « tout mode d’épilation, sauf les épilations à la pince ou à la cire ». Le laser et la lumière pulsée, apparus bien plus tard, tombaient sous cette formulation. Pratiquer l’épilation laser sans être médecin exposait à une qualification d’exercice illégal de la médecine.
Ce texte a été contesté au regard du droit européen — la liberté d’établissement et la libre prestation de services supposent que les restrictions d’accès à une activité soient proportionnées à l’objectif de santé publique poursuivi.
Le tournant : la décision du Conseil d’État de 2019
Par une décision du 8 novembre 2019 (n° 424954), le Conseil d’État a jugé illégales, au regard du droit de l’Union européenne, les dispositions réservant aux seuls médecins l’épilation au laser et à la lumière pulsée. Il a enjoint aux autorités compétentes d’abroger ces dispositions dans un délai raisonnable et d’édicter un cadre de nature à concilier les règles du marché intérieur et la protection de la santé publique.
L’abrogation ayant tardé, l’État a été condamné à des astreintes, liquidées par une décision du 5 avril 2024.
Le régime actuel : le décret du 24 mai 2024
Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, applicable depuis le 25 mai 2024, a mis fin au monopole médical et posé le cadre des actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique.
Trois catégories de professionnels peuvent désormais les réaliser :
- les médecins, qui conservent leur droit historique ;
- les infirmiers diplômés d’État ;
- les professionnels qualifiés pour l’exercice des activités de soins esthétiques — titulaires d’un CAP esthétique-cosmétique-parfumerie ou d’un titre équivalent.
Dans tous les cas, une formation obligatoire est exigée. Ses caractéristiques — contenu, durée, modalités de validation — ont été fixées par l’arrêté du 19 février 2025.
Le décret impose par ailleurs des obligations de fond : information du consommateur, vérification des contre-indications, information sur les effets indésirables, et règles d’hygiène, de sécurité, de traçabilité et de maintenance des appareils.
Ce cadre concerne l’épilation à visée esthétique. Le traitement d’une pathologie — hirsutisme d’origine endocrinienne, maladie du poil incarné, préparation chirurgicale — relève de l’acte médical et reste du ressort du médecin.
Ce que cela change pour vous
Le choix entre un centre médical et un institut n’est plus une question de légalité, mais de niveau de garantie. Un cadre médical apporte des atouts objectifs :
- l’examen des lésions pigmentées de la zone à traiter — un grain de beauté suspect ne doit jamais être traité au laser, et sa reconnaissance relève d’une compétence dermatologique ;
- le dépistage d’une cause hormonale à une pilosité excessive, qui appelle un bilan plutôt qu’un simple traitement du symptôme ;
- la prise en charge immédiate d’un incident — brûlure, réaction inattendue ;
- l’adaptation des réglages sur les phototypes V et VI, où la marge de sécurité est étroite.
À l’inverse, un institut correctement formé et équipé, qui pratique une consultation préalable et un test cutané, peut délivrer un traitement de qualité sur un profil sans particularité.
Les questions à poser
- Quelle est votre qualification et quelle formation avez-vous suivie au titre du décret de 2024 ?
- Y a-t-il un médecin dans la structure, et intervient-il avant la première séance ?
- Quel appareil utilisez-vous, et quelle longueur d’onde ?
- Une consultation préalable et un test cutané sont-ils prévus ?
- Quel est le suivi en cas d’effet indésirable ?
Ces éléments sont repris dans notre grille de notation et affichés sur chaque fiche de l’annuaire.
Questions fréquentes
Une esthéticienne peut-elle légalement faire de l'épilation laser ?
Oui, depuis le décret du 24 mai 2024, à condition d'être qualifiée pour l'exercice des activités de soins esthétiques et d'avoir suivi la formation obligatoire dont les caractéristiques ont été fixées par l'arrêté du 19 février 2025.
Faut-il préférer un centre médical malgré tout ?
Ce n'est plus une obligation légale, mais l'encadrement médical reste un atout objectif pour le dépistage des contre-indications, l'examen des lésions pigmentées et la prise en charge d'un incident. C'est le critère qui pèse le plus lourd dans notre note.
Sources
Ces informations sont fournies à titre général et ne remplacent pas une consultation médicale. Seul un médecin peut évaluer si l'épilation laser est adaptée à votre situation.